jeudi, 26 janvier 2012
Hommage au bon roi LOUIS XVI
L'année 2012 sera l'année de toutes les incertitudes et de ce fait de toutes les espérances. C 'est le secours du Ciel que nous sommes invités à demander pour la France et les français par l'intercession de Sainte Jeanne d'Arc, patronne secondaire de notre Pays dont nous fêtons cette année le 600e anniversaire. Célébrer une Messe pour le repos de l'âme du bon roi Louis XVI est l'occasion de prier pour la France et pour les Français: il ne s'agit en aucun cas d'une simple commémoration, d'un simple souvenir.
"Amitié et Action Française-Provence"
Tout ce qui est national est nôtre
Sous le haut patronage et en présence de Son Altesse Royale
le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme,
la messe de Requiem pour le roi Louis XVI et pour les victimes de
la Révolution Française
sera célébrée par le Révérend Père Patrice Jégat
le samedi 28 janvier 2012 à 19 heures
en l'Abbaye Saint Michel de Frigolet (Tarascon 13)

La cérémonie sera suivie d'un repas au restaurant de l'Abbaye placé sous le thème du "Compromis Nationaliste". L'association laissera la parole à Mme JOELLE MELIN, (Conseiller Regional de PACA, Conseiller politique de Marine le Pen) qui exposera les grandes lignes du programme présidentiel de Marine le Pen pour 2012.
Venez nombreux !
Attention places limitées
repas: 25 euros/personnes.
Merci de réserver AVANT LE 26 JANVIER à Clément Gautier au 06 21 63 27 65
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Le nationalisme intégral, Charles Maurras.
Le nationalisme intégral
Du point de vue qui est le nôtre, du point de vue de l’Intérêt national, le système du pouvoir électif n’a pas réussi : depuis cent quarante ans, une nation qui a été faite par un pouvoir monarchique et héréditaire.
La Monarchie héréditaire a réussi dans l’œuvre de l’ordre français.
Le système électif a échoué dans cette même œuvre.
Pour reprendre cette œuvre, pour la continuer, nous voulons donc reprendre le système qui a réussi.
Est-ce-clair ?
***
La Monarchie héréditaire est en France la constitution naturelle, rationnelle, la seule constitution possible du pouvoir central.
Sans roi, tout ce que veulent conserver les conservateurs, ou défendre les patriotes, s’affaiblira d’abord et périra ensuite nécessairement, faute de principe générateur et de mainteneur tutélaire. Sans roi, tout le mal qu’ils veulent réformer durera, s’aggravera, ou, à peine pallié, à peine couvert, reparaîtra sous des formes équivalentes. Condition de toute réforme, la Monarchie est aussi le complément normal et indispensable : améliorez la République, vous la mettez en marche vers la Monarchie.
Je vois ces vérités, en étant le plus rapproché. D’autres qui avancent vers elles les verront mieux que moi demain.
***
Nous ne sommes pas un parti. Nous ne voulons pas dominer. Nous voulons la domination du salut public.
Il n’y a que le salut public qui puisse émouvoir, orienter les défenseurs d’un nationalisme intégral.
Il n’y a pas une vraie et une fausse doctrine nationaliste.
Il y a un nationalisme superficiel et peu conséquent, c’est le nationalisme républicain.
Il y a un autre nationalisme cohérent et complet, il sera facile de dire lequel.
Un des attributs capitaux de la doctrine du nationalisme complet, du nationalisme qui aboutit à la royauté, c’est de formuler des doctrines pures.
Les hommes d’État doivent chercher la conciliation entre les hommes et l’adaptation des idées aux faits : pour qu’une Politique soit juste dans son cours général, il faut qu’elle découle de principes rigoureux.
Tout ce que l’Empire eut de traditions saines se retrouve dans notre conception de l’autorité, comme ce qu’il y eut de républicain (selon M. de Bonald) au cœur de la vieille France reparaît dans notre sentiment de nos libertés.
Le républicain et le bonapartiste sont donc chez eux dans le Nationalisme intégral. Ils s’y complètent l’un l’autre, chacun abjurant ce qu’il y a dans sa thèse d’erroné et d’inexistant.
***
Pour connaître une chose, il faut savoir le sens du mot qui la désigne, et l’origine de ce mot.
De quand date nationalisme ? Du temps du boulangisme, ce vocable était inconnu. On disait parti national. Cependant le mot nationalisme existait. Mais il ne circulait que dans un monde assez restreint et dans une acception étroite.
Ceux de nos confrères qui s’occupent de politique extérieure en avaient le monopole. Ils parlaient des agitations nationalistes dans la monarchie austro-hongroise, du nationalisme serbe, bulgare ou albanais.
C’est Maurice Barrès qui détourna nationalisme de son sens européen. Il le fit dans un article qui parut au Figaro d’alors sous le titre « La querelle des nationalistes et des cosmopolites ».
Il n’y traitait point d’une querelle politique, mais d’un simple débat qui s’était élevé entre les poètes partisans de la tradition classique française et les romantiques admirateurs de Tolstoï, d’Ibsen et de Bjornsterne Bjornson. La transition du nationalisme littéraire au nationalisme politique était plus que facile.
Mais je crois bien que c’est encore à Maurice Barrès qu’il faut attribuer le passage.
Voilà pour l’histoire du mot.
Quant à la chose, elle s’explique plus simplement encore.
La France est aujourd’hui, et depuis 60 ans, la proie d’un parti politique. Ce parti, comme tous les partis, a, d’un côté, ses intérêts particuliers et, d’un autre côté, sa doctrine particulière.
Quand, d’aventure, les honnêtes gens du parti se trouvent nantis du pouvoir, il arrive que les intérêts du parti soient quelquefois sacrifiés à sa doctrine, d’ailleurs absurde.
Quand ce ne sont point les honnêtes gens qui gouvernent, ils se moquent de la doctrine comme de leur première chaussette, et les intérêts particuliers deviennent rois : du dernier des gardes champêtres et des maîtres d’école au premier magistrat de la République, tout est sacrifié aux intérêts électoraux du parti dominant.
De ces deux façons de gouverner, je ne sais la pire.
La doctrine républicaine, celle qu’appliquent les républicains honnêtes, conduit le pays à sa perte, car elle sacrifie continuellement le bien public à la commodité d’une entité : l’Individu.
Les intérêts républicains, ceux que servent les républicains malhonnêtes, accablent le pays d’une tyrannie d’autant plus insupportable que la rigueur n’en est même pas excusée par la raison d’État : raison de parti !
De la sorte, les intérêts républicains sont en conflit constant avec les intérêts privés de chaque citoyen français et la doctrine républicaine constitue un danger mortel pour l’avenir de toute la nation.
Par cet exposé de la situation, on conçoit ce que représente le nationalisme.
Le nationalisme réagit contre l’égoïsme du vieux parti républicain, en même temps qu’il réagit contre l’indifférence de ce parti aux grands intérêts nationaux.
Un nationaliste conscient de son rôle admet pour règle de méthode qu’un bon citoyen subordonne ses sentiments, ses intérêts et ses systèmes au bien de la Patrie. Il sait que la Patrie est la dernière condition de son bien-être et du bien-être de ses concitoyens. Tout avantage personnel qui se solde par une perte pour la Patrie lui paraît un avantage trompeur et faux. Et tout problème politique qui n’est point résolu par rapport aux intérêts généraux de la Patrie lui semble un problème incomplètement résolu.
Le nationalisme impose donc aux intérêts divers qui sont agités devant lui un commun dénominateur, qui n’est autre que l’intérêt de la nation.
Il reste à faire l’analyse des intérêts ainsi dénommés, à voir comme, étant conciliables les uns avec les autres, il existe un point où les coordonner de façon rationnelle, naturelle et utile.
***
Quand nous avons écrit, à l’origine même de nos travaux et de nos campagnes, que la Monarchie était le « nationalisme intégral », nous n’avons jamais voulu dire que ce fût un nationalisme sans règle ni frein. Au contraire, nous avons pris soin de nous expliquer aussitôt en disant que la Monarchie correspondait, trait pour trait, à tous les vœux, à tous les besoins, à toutes les tendances, à tous les intérêts moraux, politiques, économiques manifestés par les mouvements nationaux.
Nationalisme est antisémitisme ? La Monarchie pose la question juive et en montre les solutions pacifiques.
Nationalisme est antimaçonnerie ? ; La Monarchie veut « séparer la F. M. de l’État ».
Nationalisme est fidélité aux droits des familles françaises ? ; La Monarchie les synthétise et les incarne.
Nationalisme est tradition ? La Monarchie figure toutes les traditions historiques de la patrie.
Nationalisme est désir d’un pouvoir responsable et fort ? La Monarchie est le fondement même et aussi la perfection d’un pareil pouvoir.
Nationalisme est reconstitution de l’État ? La Monarchie et l’État se confondent.
Nationalisme tend à affranchir l’État de l’étatisme qui l’épuise et qui le distend ? ; La Monarchie se prononce énergiquement contre l’étatisme.
Nationalisme est régionalisme et décentralisation ? ; La décentralisation « est une de nos doctrines », ont répondu unanimement tous nos princes, favorables à l’autonomie de l’enseignement, comme aux franchises des communes et des provinces.
Nationalisme est protectionnisme ? La Monarchie ne se contente pas de protéger le produit, elle protège le producteur ...
Nationalisme..., il faut abréger l’énumération. On ne l’abrégeait pas en nos années organiques de 1897, 1898, 1899. Au lieu de vouloir ce programme par un accident de caprice et d’esprit de parti, le nationalisme intégral l’implique et l’appelle par nécessité intérieure et logique.
C’est par cette dialectique infatigable que l’on réussit alors à montrer à tant de nationalistes que l’expression commune de leurs postulats et de leurs tendances était dans la monarchie traditionnelle et héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.
Il faudrait extraire et citer des volumes pour en donner les textes exemplaires : il suffit de relire la formule initiale : « Le nationalisme intégral, c’est la Monarchie » pour comprendre le sens du terme emprunté aux mathématiques.
***
On défigure ce terme à plaisir.
Les métaphores tirées des sciences ne sont jamais d’une conformité absolue. On ne peut les superposer à leur point de départ concret. Mais elles ont l’avantage de stimuler la réflexion.
Quand nous disons de la même manière que la Monarchie est le lieu géométrique de toutes les questions, aspirations et réformes françaises, nous savons que les propriétés du lieu géométrique ne se vérifient que d’assez loin dans le tableau d’un système politique quelconque.
Cependant, l’analogie est suffisante pour provoquer les efforts d’attention et de réflexion qui permettent d’appréhender objectivement une vérité politique concrète qui y correspond.
***
Tout ce qui se fait dans le sens national, se fait dans le sens de la royauté. Les royalistes ont, dès lors, à s’employer au succès du nationalisme. Ils en ont le devoir.
Comme si l’ennemi était à la frontière, ils doivent seconder les défenseurs de la nation.
Servir leur Roi, c’était jadis se rendre utile à la Patrie ; aujourd’hui, renversant les termes, se rendre utile à la Patrie, c’est proprement servir la cause du Roi.
***
Nous sommes devant la France à peu près dans la même situation que le bon Plutarque devant sa chère ville de Chéronée. La France diminue, nous ne voudrions pas la diminuer encore en diminuant la considération qui s’attache à de bons Français, même obstinés dans l’erreur politique la plus complète.
Les amis de Déroulède purent former un parti ou une faction, nous ne fûmes ni une faction ni un parti. La cause de la royauté comprend toutes les bonnes causes en ce que chacune représente d’utile au bien général du pays.
C’est pourquoi, de tout temps, le personnel de la royauté restaurée nous parut comprendre, coûte que coûte, aussi bien qu’un Drumont ou qu’un Lemaître, un Déroulède.
Nous n’offenserons pas la modestie des contemporains que nous jugerions dignes du même traitement. Mais, sans les compromettre, disons qu’ils existent et sont nombreux.
Conformément à leur formule du nationalisme intégral, les royalistes tendent à faire de leur groupe le rendez-vous normal de l’élite des bons Français.
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Petite leçon d'Espérance
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samedi, 21 janvier 2012
In memoriam : 21 janvier 1793

Le devoir de mémoire nous incombe de ne pas passer sous silence,
en ce jour, la mort du roi Louis XVI, le 21 janvier 1793
et la grandeur d' âme dont il fit preuve au moment de rejoindre la
Maison de notre Père du Ciel, demandant pardon et donnant le
pardon à ses persécuteurs et tortionnaires : la lecture du testament,
qu' il rédigea le 25 décembre 1792, est suffisamment éloquente pour ne pas y ajouter
d'autres commentaires et nous laisser interpeller par ce beau témoignage de Foi :
"Au Nom de la Très Sainte Trinité,
du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Moi, Louis, XVI ème du nom, roi de France,
étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille
dans la Tour du Temple à Paris...
je laisse mon âme à Dieu mon Créateur, et je Le prie de la recevoir
dans Sa Miséricorde...
Je meurs dans l'union de notre Sainte Mère l' Eglise Catholique,
Apostolique et Romaine...
Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole
et les Commandements de Dieu et de l' Eglise, les Sacrements et les
Mystères tels que l' Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseigné...
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j' ai cherché à les connaître
scrupuleusement, à les détester et à m' humilier en sa présence, ne pouvant
me servir du ministère d' un prêtre.
Je prie Dieu de recevoir la confession que je Lui en ai faite...
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensé par inadvertance... ou à ceux à
qui j' aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me
pardonner le mal qu' ils croient que je peux leur avoir fait0
Je pardonne de tout mon coeur à ceux qui se sont fait mes ennemis...
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma soeur, ma tante, mes frères,
et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang...
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais
traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi...
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui,
que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi".
Louis.
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mercredi, 18 janvier 2012
" Du martyre se sa Majesté le Roy Louis XVI "
Discours du Pape Pie VI
prononcé au Consistoire secret du 11 juin 1793.

» Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur sans bornes que Nous sommes obligés de manifester devant vous en vous retraçant le spectacle que l’on vit à Paris le 21 du mois de janvier dernier.
» Le Roi très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de la sentence. La Convention Nationale n’avait ni droit ni autorité pour la prononcer.
» En effet, après avoir aboli la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de chose par la vérité et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé, entraîné à tous les excès, ingrat, arrogant, cruel… La portion la plus féroce de ce peuple, peu satisfaite d’avoir dégradé la majesté de son Roi, et déterminée à lui arracher la vie, voulut qu’il fût jugé par ses propres accusateurs qui s’étaient déclarés hautement ses plus implacables ennemis. Déjà, dès l’ouverture du procès, on avait appelé, tour à tour, parmi les juges quelques députés plus particulièrement connus par leurs mauvaises dispositions, pour mieux s’assurer de faire prévaloir l’avis de la condamnation par la pluralité des opinions.
» On ne put cependant pas assez augmenter le nombre pour obtenir que le Roi fût immolé en vertu d’une majorité légale. A quoi ne devait-on pas s’attendre et quel jugement exécrable à tous les siècles ne pouvait-on pas pressentir en voyant le concours de tant de juges pervers, et de tant de manœuvres employées pour capter les suffrages.
» Toutefois, plusieurs d’entre eux ayant reculé d’horreur au moment de consommer un si grand forfait, on imagina de revenir aux opinions, et les conjurés ayant ainsi voté de nouveau, prononcèrent que la condamnation était légitimement décrétée. Nous passerons ici sous silence une foule d’autres injustices, de nullités et d’invalidités que l’on peut lire dans les plaidoyers des avocats et dans les papiers publics. Nous ne relevons pas non plus tout ce que le Roi fut contraint d’endurer avant d’être conduit au supplice : sa longue détention dans diverses prisons d’où il ne sortait jamais que pour être conduit à la barre de la Convention, l’assassinat de son confesseur, sa séparation de la Famille Royale qu’il aimait si tendrement ; enfin cet amas de tribulations rassemblé sur lui pour multiplier ses humiliations et ses souffrances. Il est impossible de ne pas en être pénétré d’horreur quand on n’a point abjuré tout sentiment d’humanité. L’indignation redouble encore de ce que le caractère de ce Prince était naturellement doux et bienfaisant ; que sa clémence, sa patience, son amour pour son peuple furent toujours inaltérables…
» Mais ce que Nous ne saurions pas surtout passer sous silence, c’est l’opinion universelle qu’il a donnée de sa vertu par son testament, écrit de sa main, émané du fond de son âme, imprimé et répandu dans toute l’Europe. Quelle haute idée on y conçoit de sa vertu ! Quel zèle pour la religion catholique ! Quel caractère d’une piété véritable envers Dieu ! Quelle douleur, quel repentir d’avoir apposé son nom malgré lui à des Décrets si contraires à la discipline et à la Foi orthodoxe de l’Église. Prêt à succomber sous le poids de tant d’adversités qui s’aggravaient de jour en jour sur sa tête, il pouvait dire comme Jacques Ier, Roi d’Angleterre, qu’on le calomniait dans les Assemblées du peuple, non pour avoir commis un crime, mais parce qu’il était Roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes…
» Et qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? Déjà depuis longtemps les calvinistes avaient commencé à conjurer en France la ruine de la religion catholique.
» Mais pour y parvenir, il fallut préparer les esprits et abreuver les peuples de ces principes impies que les novateurs n’ont ensuite cessé de répandre dans les livres qui ne respiraient que la perfidie et la sédition. C’est dans cette vue qu’ils se sont ligués avec des philosophes pervers. L’Assemblée Générale du Clergé de France de 1755 avait découvert et dénoncé les abominables complots de ces artisans d’impiété. Et Nous-mêmes aussi, dès le commencement de Notre Pontificat, prévoyant les exécrables manœuvres d’un parti si perfide, Nous annoncions le péril imminent qui menaçait l’Europe dans Notre Lettre Encyclique adressée à tous les Évêques de l’Église Catholique…
» Si l’on avait écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires.
» Ces hommes dépravés s’aperçurent bientôt qu’ils avançaient rapidement dans leurs projets ; ils reconnurent que le moment d’accomplir leurs desseins était enfin arrivé ; ils commencèrent à professer hautement, dans un livre imprimé en 1787, cette maxime d’Hugues Rosaire ou bien d’un autre auteur qui a pris ce nom, que c’était une action louable que d’assassiner un souverain qui refuserait d’embrasser la réforme ou de se charger de défendre les intérêts des Protestants en faveur de leur religion.
» Cette doctrine ayant été publiée peu de temps avant que Louis fût tombé dans le déplorable état auquel il a été réduit, tout le monde a pu voir clairement quelle était la première source de ses malheurs. Il doit donc passer pour constant qu’ils sont tous venus des mauvais livres qui paraissaient en France, et qu’il faut les regarder comme les fruits naturels de cet arbre empoisonné.
» Aussi a-t-on publié dans la vie imprimée de l’impie Voltaire, que le genre humain lui devait d’éternelles actions de grâces comme au premier auteur de la Révolution Française.
» C’est lui, dit-on, qui en excitant le peuple à sentir et à employer ses forces, a fait tomber la première barrière du despotisme : le pouvoir religieux et sacerdotal. Si l’on n’eût pas brisé ce joug, on n’aurait jamais brisé celui des tyrans. L’un et l’autre se tenaient si étroitement unis que le premier, une fois secoué, le second devait l’être bientôt après. En célébrant comme le triomphe de Voltaire la chute de l’Autel et du Trône, on exalte la renommée et la gloire de tous les écrivains impies comme autant de généraux d’une armée victorieuse. Après avoir ainsi entraîné, par toutes sortes d’artifices, une très grande portion du peuple dans leur parti pour mieux l’attirer encore par leurs œuvres et par leurs promesses, ou plutôt pour en faire leur jouet dans toutes les provinces de France, les factieux se sont servis du mot spécieux de liberté, ils en ont arboré les trophées et ils ont invité de tous côtés la multitude à se réunir sous ses drapeaux. C’est bien là, véritablement, cette liberté philosophique qui tend à corrompre les esprits, à dépraver les mœurs, à renverser toutes les lois et toutes les institutions reçues. Aussi fut-ce pour cette raison que l’Assemblée du Clergé de France témoigna tant d’horreur pour une pareille liberté, quand elle commençait à se glisser dans l’esprit du peuple par les maximes les plus fallacieuses. Ce fut encore pour les mêmes motifs que Nous avons cru, Nous-mêmes, devoir la dénoncer et la caractériser en ces termes :
» Les philosophes effrénés entreprennent de briser les liens qui unissent tous les hommes entre eux, qui les attachent aux Souverains et les contiennent dans le devoir. Ils disent et répètent jusqu’à satiété que l’homme naît libre et qu’il n’est soumis à l’autorité de personne. Ils représentent, en conséquence, la Société comme un amas d’idiots dont la stupidité se prosterne devant les prêtres et devant les rois qui les oppriment, de sorte que l’accord entre le Sacerdoce et l’Empire n’est autre chose qu’une barbare conjuration contre la liberté naturelle de l’homme. Ces avocats tant vantés du genre humain ont ajouté au mot fameux et trompeur de liberté cet autre nom d’égalité qui ne l’est pas moins. Comme si entre des hommes qui sont réunis en société et qui ont des dispositions intellectuelles si différentes, des goûts si opposés et une activité si déréglée, si dépendante de leur cupidité individuelle, il ne devait y avoir personne qui réunît la force et l’autorité nécessaires pour contraindre, réprimer, ramener au devoir ceux qui s’en écartent, afin que la Société, bouleversée par tant de passions diverses et désordonnées, ne soit précipitée dans l’anarchie et ne tombe pas en dissolution.
» … Après s’être établis, selon l’expression de Saint Hilaire de Poitiers, Réformateurs des Pouvoirs publics et arbitres de la religion, tandis que le principal objet est au contraire de propager partout un esprit de soumission et d’obéissance, ces novateurs ont entrepris de donner une constitution à l’Église elle-même par de nouveaux décrets inouïs jusqu’à ce jour.
» C’est de ce laboratoire qu’est sortie une constitution sacrilège que Nous avons réfutée dans Notre réponse du 10 mars 1791 à l’exposition des principes qui Nous avait été soumise par cent trente Évêques. On peut appliquer convenablement à ce sujet ces paroles de Saint Cyprien : « Comment se fait-il que les Chrétiens soient jugés par des hérétiques, les hommes sains par des malades … les juges par des coupables, les prêtres par des sacrilèges ? ».
» Que reste-t-il donc de plus que de soumettre l’Église au capitole ? Tous les Français qui se montraient encore fidèles dans les différents ordres de l’État et qui refusaient avec fermeté de se lier par un serment à cette nouvelle Constitution, étaient aussitôt accablés de revers et voués à la mort. On s’est hâté de les massacrer indistinctement ; on a fait subir les traitements les plus barbares à un grand nombre d’ecclésiastiques. On a égorgé des Évêques … ceux que l’on persécutait avec moins de rigueur se voyaient arrachés de leurs foyers et relégués dans des pays étrangers, sans aucune distinction d’âge, de sexe, de condition. On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ; et cependant la seule religion catholique était proscrite.
» Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. Ils ne pouvaient trouver aucune sûreté dans les États voisins où ils étaient venus chercher asile … Tel est le caractère constant des hérésies. Tel a toujours été, dès les premiers siècles de l’Église, l’esprit des hérétiques, spécialement développé de notre temps par les manœuvres tyranniques des calvinistes qui ont cherché avec persévérance à multiplier leurs prosélytes par toutes sortes de menaces et de violences. D’après cette suite ininterrompue d’impiétés qui ont pris leur origine en France, aux yeux de qui n’est-il pas démontré qu’il faut imputer à la haine de la religion les premières trames de ces complots qui troublent et ébranlent toute l’Europe ? Personne ne peut nier que la même cause n’ait amené la mort funeste de Louis XVI. On s’est efforcé, il est vrai, de charger ce Prince de plusieurs délits d’un ordre purement politique. Mais, le principal reproche qu’on ait élevé contre lui, portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et la lettre qu’il écrivit à l’Évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ?
» … Mais, d’après ce que nous avons entendu, on opposera ici, peut-être, comme un obstacle péremptoire au martyre de Louis, la sanction qu’il a donnée à la Constitution, que Nous avons déjà réfutée dans Notre susdite réponse aux Évêques de France. Plusieurs personnes nient le fait et affirment que lorsqu’on présenta cette Constitution à la signature du Roi, il hésita, recueilli dans ses pensées, et refusa son seing de peur que l’apposition de son nom ne produisit tous les effets d’une approbation formelle. L’un de ses ministres que l’on nomme, et en qui le Roi avait alors une grande confiance, lui représenta que sa signature ne prouverait autre chose que l’exacte conformité de la copie avec l’original, de manière que Nous, à qui cette Constitution allait être adressée, Nous ne pouvions sans aucun prétexte élever le moindre soupçon sur son authenticité.
» Il paraît que ce fut cette simple observation qui le détermina aussitôt à donner sa signature. C’est aussi ce qu’il insinue lui-même dans son testament quand il dit que son seing lui fut arraché contre son propre vœu.
» Et, en effet, il n’aurait pas été conséquent et se serait mis en contradiction avec lui-même, si, après avoir approuvé volontairement la Constitution du Clergé de France, il l’eût rejetée ensuite avec la plus inébranlable fermeté, comme il fit lorsqu’il refusa de sanctionner le Décret de déportation des Prêtres non assermentés, et lorsqu’il écrivit à l’Évêque de Clermont qu’il était déterminé à rétablir en France le culte catholique.
» Mais quoiqu’il en soit de ce fait, car Nous n’en prenons pas sur Nous la responsabilité, et quand même Nous avouerions que Louis, séduit par défaut de réflexion ou par erreur, approuva réellement la Constitution au moment où il souscrivit, serions-Nous obligés pour cela de changer de sentiment au sujet de son martyre ? Non, sans doute. Si Nous avions eu pareil dessein, Nous en serions détournés par sa rétractation subséquente aussi certaine que solennelle et par sa mort même qui fut votée en haine de la religion catholique ; de sorte qu’il paraît difficile que l’on puisse rien contester de la gloire de son martyre.
» … Appuyé sur cette raison, celle du Pape Benoît XIV, et voyant que la rétractation de Louis XVI, écrite de sa propre main et constatée encore par l’effusion d’un sang si pur, est certaine et incontestable, Nous ne croyons pas Nous éloigner du principe de Benoît XIV, non pas, il est vrai, en prononçant dans ce moment un Décret pareil à celui que Nous venons de citer, mais en persistant dans l’opinion que Nous Nous sommes formée du martyre de ce Prince, nonobstant toute approbation qu’il avait donnée à la Constitution Civile du Clergé quelle qu’elle eût été.
» Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !
» Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant, tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique.
» Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner !
» Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. Tu as voulu encore la signaler après sa mort sur ses tristes dépouilles ; car tu as ordonné que son cadavre fut transporté et inhumé sans aucun appareil d’une honorable sépulture.
» Ô jour de triomphe pour Louis XVI à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice !
» Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels.
» Saint Bernard nous apprend dans ses lettres au Pape Eugène, son disciple, ce qu’exige de Nous dans ces circonstances Notre ministère apostolique, lorsqu’il exhorte à multiplier ses soins afin que les incrédules se convertissent à la Foi, que ceux qui sont convertis ne s’égarent plus et que ceux qui sont égarés rentrent dans le droit chemin. Nous avons, Nous aussi, pour modèle la conduite de Clément VI, Notre prédécesseur, qui ne cessa de poursuivre la punition de l’assassinat d’André, Roi de Sicile, en infligeant les peines les plus fortes à ses meurtriers et à leurs complices, comme on peut le voir dans ses Lettres Apostoliques. Mais que pouvons-Nous tenter, que pouvons-Nous attendre, quand il s’agit d’un peuple qui, non seulement n’a eu aucun égard pour Nos monitions, mais qui s’est encore permis, envers Nous, les offenses, les usurpations, les outrages et les calomnies les plus révoltantes ; et qui est enfin parvenu à cet excès d’audace et de délire, de composer sous Notre Nom des lettres supposées et parfaitement assorties à toutes les nouvelles erreurs.
» Laissons-le donc s’endurcir dans sa dépravation puisqu’elle a pour lui tant d’attraits, et espérons que le sang innocent de Louis crie en quelque sorte et intercède pour que la France reconnaisse et déteste son obstination à accumuler sur elle tant de crimes, et qu’elle se souvienne des châtiments effroyables qu’un Dieu juste, Vengeur des forfaits, a souvent infligés à des Peuples qui avaient commis des attentats beaucoup moins énormes.
» Telles sont les réflexions que Nous avons jugées les plus propres à vous offrir quelques consolations dans un si horrible désastre.
» C’est pourquoi pour achever ce qui Nous reste à dire, Nous vous invitons au Service solennel que Nous célébrerons avec vous pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI, quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque Saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières… «

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mercredi, 11 janvier 2012
Liberté Egalité Fraternité
On peut ajouter à cette trilogie les fameux Droits de l’homme et le non moins célèbre droit des peuples.
Ces formules qui régissent notre vie politique sont évidemment discutables et beaucoup l’ont fait. Il est certain que ces expressions ne font aucune référence à l’histoire et à la géographie de la France, c’est-à-dire à sa réalité physique et humaine, à moins de considérer que la France n’est qu’une idée philosophique n’ayant pas besoin d’espace physique et que son histoire commence, comme une espèce de Big Bang, en 1789. Aucune allusion au plus élémentaire patriotisme, encore moins, bien sûr, au nationalisme.
Nous vivons là-dessus depuis deux cents ans.
L’habitude de vivre ensemble, l’amitié tissée entre les Français par les quarante Rois ont fait que nos compatriotes ont continué longtemps à aimer leur pays et qu’ils n’ont pas hésité à sacrifier leur vie pour le défendre au cours de guerres nombreuses et mal préparées.
Mais le temps passe et les idées fausses induites par ces fameuses devises pénètrent peu à peu dans les esprits par le biais de l’Ecole et des médias (entre autres par le monde du spectacle).
De plus en plus de Français en sont venus par étapes à considérer que les frontières protectrices devraient être abolies, que l’expérience historique n’a aucun sens et que nous devons nous fondre dans un euro mondialisme inéluctable.
Mais, car il y a toujours un mais, les réalités ont la tête dure, les trente glorieuses sont finies depuis trente ans et la crise, la vraie, est là.
Et les Français découvrent avec étonnement que Madame Merckel défend les intérêts allemands et que Monsieur Cameron est anglais avant tout.
Malheureusement pour nous, ce sont eux qui ont raison.
Tant pis pour l’Europe, en 2012 élisons un Français souverainiste, s’il en existe un (ou une) parmi les candidats.
A. Charles
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